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Pourquoi la période des fêtes est difficile pour certains

La période des fêtes est souvent associée à des images de joie, de rassemblement et de connexion. Pourtant, pour un nombre significatif de personnes, elle s’accompagne plutôt d’un malaise émotionnel, d’une augmentation de l’anxiété, d’une tristesse diffuse ou d’un sentiment de vide. Cette réalité, bien documentée en psychologie, mérite d’être expliquée et surtout légitimée.


Ces réactions ne relèvent ni d’un manque de gratitude ni d’une fragilité personnelle. Elles sont souvent la conséquence de mécanismes psychologiques et relationnels activés dans un contexte particulier. Allons explorer ces causes en profondeur :


Le poids des attentes sociales


Les fêtes véhiculent des attentes élevées et souvent implicites : être disponible, heureux, entouré, reconnaissant. Lorsque l’expérience intérieure ne correspond pas à ces normes, un décalage s’installe. La personne peut alors se sentir inadéquate, coupable ou « à côté » de ce qui est attendu.


Ce décalage augmente la charge émotionnelle. Se forcer à ressentir ou à afficher des émotions positives demande un effort considérable, surtout chez les personnes habituées à s’adapter aux attentes des autres plutôt qu’à leurs propres besoins.


L’impact des réseaux sociaux et de la comparaison sociale


La période des fêtes s’accompagne aussi d’une exposition accrue aux réseaux sociaux, où circulent des images idéalisées de familles unies, de moments parfaits et de bonheur partagé. Ces représentations, souvent soigneusement sélectionnées, créent une norme implicite de ce que les fêtes devraient être. Pour les personnes dont la réalité est différente, cette exposition répétée peut accentuer le sentiment de décalage, de solitude ou d’exclusion.


La comparaison sociale, particulièrement lorsqu’elle est ascendante, a un effet sur l’estime de soi et l’humeur. Elle peut renforcer l’impression d’être à part ou inadéquat, surtout lorsque la personne traverse déjà une période de vulnérabilité émotionnelle. Même en sachant rationnellement que ces contenus ne reflètent qu’une partie de la réalité, le système émotionnel y réagit comme à un repère social réel. Les réseaux sociaux deviennent alors un amplificateur du malaise, non pas parce qu’ils sont intrinsèquement problématiques, mais parce qu’ils exposent en continu à un idéal difficilement atteignable, particulièrement à un moment de l’année déjà chargé sur le plan affectif.


La solitude, plus visible et plus douloureuse


La solitude n’apparaît pas soudainement pendant les fêtes, mais elle devient plus saillante. Les rassemblements, les traditions familiales et les discours sur le « partage » mettent en relief ce qui est absent : une relation significative, un lien sécurisant, une présence stable.


Certaines personnes sont objectivement seules. D’autres sont entourées, mais se sentent isolées émotionnellement. La solitude ressentie n’est pas uniquement liée au nombre de personnes autour de soi, mais à la qualité du lien, au sentiment d’être vu, compris et reconnu.


Sur le plan psychologique, le sentiment d’exclusion ou de déconnexion active des systèmes similaires à ceux de la douleur physique. Il est donc normal que cette période exacerbe la souffrance chez les personnes dont les besoins relationnels ne sont pas comblés.


Les rassemblements familiaux et l’activation émotionnelle


Les rencontres familiales sollicitent directement les systèmes relationnels. Elles réactivent des rôles anciens, des dynamiques répétitives et des attentes parfois inconscientes. Même lorsque les relations sont globalement fonctionnelles, ces contextes peuvent générer une tension interne.


Le corps et le système nerveux réagissent à des signaux connus : ton de voix, regards, commentaires, silences. Il n’est pas rare que des réactions émotionnelles intenses émergent sans cause apparente. Ce sont souvent des réponses automatiques, enracinées dans l’histoire relationnelle de la personne.


Le dérèglement des habitudes et la régulation émotionnelle


Les fêtes modifient les routines essentielles à l’équilibre psychologique : sommeil, alimentation, activité physique, consommation d’alcool ou de sucre. Ces changements ont un impact direct sur l’humeur et la capacité à gérer le stress.


Un organisme fatigué ou surstimulé tolère moins bien les émotions intenses. Ainsi, ce qui serait "gérable" à un autre moment de l’année peut devenir plus difficile en décembre.


La fin d’année comme moment d’évaluation


La fin de l’année agit souvent comme un point d’arrêt symbolique. Elle invite à faire le bilan, consciemment ou non. Pour certaines personnes, ce processus met en lumière des écarts entre les attentes personnelles ou sociales et la réalité vécue.


Les comparaisons, les regrets et le sentiment de ne pas être « rendu là où on devrait être » peuvent alimenter un discours intérieur critique. Ce phénomène est particulièrement présent chez les personnes ayant intégré des standards élevés de performance ou de réussite.


Comprendre pour mieux normaliser


Ne pas se sentir bien pendant les fêtes n’est pas un signe de dysfonctionnement. Il s’agit fréquemment d’une réponse cohérente à une combinaison de facteurs relationnels, sociaux et physiologiques.


Comprendre ces mécanismes permet de déplacer notre regard : plutôt que de se demander ce qui ne va pas, il devient possible de reconnaître ce qui est activé, ce qui est manquant et ce qui mérite d’être pris en compte.


À retenir...


La période des fêtes n’est pas universellement réparatrice. Pour plusieurs, elle est exigeante, confrontante et émotionnellement chargée. Nommer et comprendre ces réalités contribue à réduire la honte et à légitimer des vécus souvent passés sous silence.

Il est possible de vivre cette période autrement, avec plus de respect pour ses limites, ses besoins relationnels et son rythme intérieur.



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